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En quoi consiste le travail psychothérapeutique ?

Comprendre le mal être

Faire la démarche de consulter un psychologue est une étape importante, mais qui peut parfois impressionner. Souvent nous avons tendance à culpabiliser de notre mal être ou à penser que la situation s’améliorera avec le temps par peur ou honte d’en parler.

L’idée qu’une personne se crée elle-même ses problèmes est malheureusement assez courante. Cette idée repose sur une croyance très ancrée dans notre vision du monde qui dit que nous sommes notre cerveau. Or le cerveau fait partie de nous, mais nous ne nous réduisons pas à notre cerveau. Nous ne créons pas notre mal être, mais le mal-être est généré par le cerveau.

Par exemple, lorsque nous disons: « je m’énerve », il est évident que nous n’avons pas décidé de nous énerver; si nous pouvions le décider, nous aurions choisi de ne pas nous énerver. Ainsi, nous subissons ce qui se passe en nous: il serait plus exact de dire que nous ressentons de l’énervement.

De même, personne ne décide de se créer une souffrance psychologique. La souffrance arrive et nous faisons avec. Une fois qu’elle est là, nous faisons du mieux possible pour la supporter, donc elle se crée sans qu’on intervienne, exactement comme c’est le cas pour une souffrance physique.

Notre cerveau ne nous obéit pas

Le psychologue Jack Kornflield a dit: « si vous parvenez à rester calme à l’annonce d’une mauvaise nouvelle, si vous restez serein malgré vos difficultés financières, si vous acceptez avec gratitude tout ce que l’on vous sert à manger, si après une journée chargée vous vous endormez sereinement et si vous trouvez toujours satisfaction dans toutes les situations, vous êtes probablement…un chien! »

En tant qu’humain notre vie psychique est bien différente et nous avons évolué au fil du temps depuis notre statut de chasseur cueilleur pour nous adapter à notre vie moderne tumultueuse. Cette nouvelle réalité nous expose d’avantage au stress et à des défis mentaux, émotionnels et sociaux.

Notre cerveau d’humain est plutôt bien équipé pour faire face à ces défis. Il dispose d’automatismes de pensées qui nous permettent de catégoriser, d’ordonner et de rendre cohérent notre monde intérieur et extérieur de manière systématique et non consciente, sans que cela ne nous demande aucun effort de réflexion.

Cependant suite à des facteurs personnels génétiques ou historiques, la répétition ou l’accumulation d’évènements stressants, il arrive que notre machine cérébrale se désorganise et prenne l’habitude de se réguler sur un équilibre qui tant vers la souffrance.

C’est à dire que face à un évènement qui nous crée de la détresse, notre discours intérieur sur cette situation peut parfois nous créer une double peine et exacerber nos réactions et nos ressentis face à cet événement. Un travail sur nos pensées, nos représentations, ou notre histoire est alors nécessaire pour arriver à séparer ce qui nous arrive de la manière dont on y répond. L’enjeu sera d’accepter de lâcher-prise sur notre manière habituelle de penser pour en adopter une nouvelle qui sera plus épanouissante.

Changer nécessite du travail

Pour changer, la volonté ne suffit pas, il faut s’entraîner pour obtenir un changement. Cela nécessite un entraînement de l’esprit comme le sport est un entraînement du corps.

J’ai pris l’habitude de comparer le travail psychothérapeutique à la pratique de l’escalade. Lorsque l’on est accroché à une paroi verticale, nous disposons de 4 points d’appuis (les deux pieds et deux mains) pour nous maintenir en sécurité. Si on veut avancer sur la paroi, il faut accepter de lâcher plusieurs prises: cela est déstabilisant et peut nous créer une peur de tomber! Ainsi le mouvement va de paire avec un lâcher-prise, ce qui peut être ponctuellement déstabilisant.

De même, en thérapie, le fait de se remettre en question profondément sur des croyances bien ancrées, nous fait passer par un “ascenseur émotionnel” qui n’est pas de tout repos. Au cours de ce processus émotionnel, il sera peut-être nécessaire d’accepter de perdre (ponctuellement) plusieurs « appuis » pour changer : comme de la confiance en soi, des certitudes sur ce que l’on est, ou des certitudes sur ce qui est utile ou non, efficace ou non.

Il faut se préparer à abandonner certains repères structurants de notre “nous passé”. L’Homme a naturellement tendance à éviter au maximum ce qui va lui demander de changer en profondeur car cela lui coûte en énergie et lui demande d’affronter ses peurs, ses angoisses, ses fragilités, ses blessures. C’est pourtant en affrontant courageusement sa réalité qu’un nouvel équilibre sécurisant et épanouissant pourra être assuré. Cela demande une véritable détermination et beaucoup de courage.

Il faut être capable de lâcher prise sur ce que l’on croit comprendre, sur ce que l’on croit savoir , pour accepter d’entrer dans une zone de fébrilité émotionnelle. Cet effort nous fera gagner de la confiance, de la fierté et de l’estime de nous-même.

Le rôle du thérapeute

Pour toutes ces raisons, l’accompagnement de ce processus de changement par un professionnel de la santé psychique est essentiel. Pour reprendre la métaphore de l’escalade: le psychologue est la personne qui vous assure et vous encourage lorsque vous grimpez. C’est vous qui faites les efforts et retirez les bénéfices de vos changements, mais le psychologue vous rassure, vous aide à choisir la voie la plus adaptée dans votre ascension, vous guide et vous indique les prises disponibles sur lesquelles s’accrocher: c’est à vous de vous en saisir!

Ainsi une thérapie n’est pas nécessairement longue, mais elle demande une implication, de la curiosité et du courage. Le travail psychothérapeutique est un passionnant rendez-vous avec soi-même. Il n’est jamais, ni trop tôt, ni trop tard, pour se consacrer du temps, apprendre à se connaître, prendre soin de soi, sortir du silence et de l’impasse dans laquelle on se trouve.

Le changement c’est la vie. Rien n’est figé, il existe toujours une voie à inventer pour s’élever!